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Savoir déchiffrer la liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) à l’arrière d’un flacon peut vite ressembler à un cours de chimie avancée. Pourtant, de nombreux soins et cosmétiques conventionnels contiennent des ingrédients toxiques: perturbateurs endocriniens, détergents décapants, dérivés de pétrole ou agents polluants.

Pour protéger votre santé et l’environnement, voici le guide pratique des substances clés à éliminer définitivement de votre salle de bain.

1. Les sulfates (SLS et SLES) : Les faux amis de la mousse

  • Sur l’étiquette : Sodium Lauryl Sulfate, Sodium Laureth Sulfate, Ammonium Lauryl Sulfate.

  • Le problème : Ce sont des tensioactifs très bon marché utilisés pour créer une mousse abondante. En réalité, ils décopent brutalement le film hydrolipidique naturel de la peau. Résultat : sécheresse, irritations, démangeaisons et réactivité cutanée.

  • L’alternative naturelle : La saponification à froid, qui produit une mousse douce et nourrissante grâce à la réaction naturelle entre des huiles végétales et de la soude.

2. Les parabènes et phtalates : Les perturbateurs endocriniens

  • Sur l’étiquette : Methylparaben, Ethylparaben, Butylparaben, Propylparaben, Diethyl phthalate.

  • Le problème : Utilisés comme conservateurs synthétiques pour empêcher les bactéries de proliférer dans les formules à base d’eau (comme les gels douches), les parabènes sont reconnus pour mimer l’estrogène dans l’organisme et perturber le système hormonal.

  • L’alternative naturelle : Les produits solides (savons, shampoings solides), formulés sans eau ajoutée, n’ont besoin d’aucun conservateur chimique pour se préserver.

3. Les silicones : L’effet cache-misère

  • Sur l’étiquette : Tout ingrédient finissant par -thicone, -thiconol ou -siloxane (ex. Dimethicone, Cyclopentasiloxane).

  • Le problème : Utilisés pour donner un toucher lisse et synthétique à la peau ou aux cheveux. Les silicones forment un film plastique occlusif qui empêche la peau de respirer, bouche les pores et étouffe la fibre capillaire sur le long terme. De plus, ils sont très peu biodégradables.

  • L’alternative naturelle : Les beurres végétaux (karité, cacao) et les huiles végétales pures (jojoba, argan), qui nourrissent la peau en profondeur sans la suffocuer.

4. Les huiles minérales (dérivés du pétrole)

  • Sur l’étiquette : Paraffinum Liquidum, Petrolatum, Mineral Oil, Cera Microcristallina.

  • Le problème : Issus du raffinage du pétrole, ces ingrédients sont peu coûteux et très stables, mais ils sont inertes : ils n’apportent aucun nutriment, aucune vitamine ni aucun acide gras à la peau. Ils se contentent de poser une barrière imperméable et synthétique en surface.

  • L’alternative naturelle : Les huiles végétales bio extraites à froid, naturellement riches en omégas et antioxydants.

5. Les PEG (Polyéthylène Glycols) et composés éthoxylés

  • Sur l’étiquette : PEG-, PPG-, ou ingrédients contenant le suffixe -eth (ex. Ceteareth-20, Laureth-4).

  • Le problème : Obtenus via un procédé de fabrication chimique lourd et polluant (l’éthoxylation utilisant de l’oxyde d’éthylène, un gaz toxique), ils servent d’émulsifiants. Ils rendent la peau plus perméable, laissant passer d’autres substances nocives dans l’organisme.

  • L’alternative naturelle : Des émulsifiants 100 % d’origine végétale (à base de cire d’abeille, d’olives ou de graisses végétales douces).

Comment simplifier vos achats au quotidien ?

Plutôt que de mémoriser des dizaines de noms complexes, suivez ces deux règles simples :

  1. Privilégiez les formules courtes : Moins la liste INCI contient d’ingrédients, moins vous courez de risques.

  2. Passez au solide et au saponifié à froid : En choisissant un savon solide artisanal, vous éliminez d’un coup 90 % des conservateurs, sulfates et dérivés de pétrole.